Transporter un voilier sur la terre ferme, guide de Yannick Dacheville

yannick dacheville à la plage avec sa femme

Un voilier est un bateau à voiles composé de mâts portant des pièces de tissu appelées voiles. Il est également constitué d’une ou plusieurs coques et d’un gréement qui sert à le propulser grâce à la force du vent.

Il est considéré comme le premier moyen de transport utilisé depuis des siècles sur de moyennes et longues distances. Il trouve d’autres utilités comme le sport (la voile sportive), le plaisir (la navigation de plaisance) ou la pêche, mis à part le transport de marchandises, de passagers ou de courrier à livrer. Il est autrefois utilisé pour des batailles navales ou tout autre type d’activité militaire.

Les multicoques comme les Catamarans, les Trimarans, etc. sont des voiliers, qui atteignent des performances inaccessibles au monocoque avec un confort et une stabilité hors-norme, définit Yannick Dacheville. Ils sont aussi élégants et plus rapides, mais leur remorque n’est pas chose aisée (de même pour tous les navires).

Les bateaux sont rapides sur l’eau, mais lorsque vient le moment de les remorquer sur la terre ferme, il devient indispensable de connaitre les différentes techniques de remorque ainsi que la voiture à utiliser. Il est préférable de tracter le bateau en utilisant une remorque enchainée à une voiture, car lui scotcher des roues et hisser sa voile ne fait que le ralentir.

Le type de remorque et le type de voiture à utiliser selon Yannick Dacheville

Plusieurs sortes de remorques pour bateaux sont ainsi disponibles selon les différents modèles de bateaux.

Les barques rigides ou semi-rigides utilisent des remorques avec des multi-rouleaux (par paire) pour faire passer plus facilement les virures de la carène pendant leur chargement ou leur déchargement. Des rouleaux simples centraux sont aussi utilisés pour soutenir le fond de la coque ou de la quille.

Une remorque courbée sur les côtés (plus large) est plus pratique pour les bateaux de type pneumatique et elle doit être équipée de rampes de rouleaux sur les côtés pour soutenir les flotteurs. Des rouleaux simples centraux peuvent soutenir le fond.

Les embarcations de type quillard sont plus difficiles à remorquer à cause de leur tirant d’eau. Un véhicule de traction plus adaptée est donc de mise.

Les différents types de remorque comportent plusieurs options, telles que les suspensions, les treuils, les roues larges, les roues de secours, etc.

La remorque doit être prise en compte dans le contrat d’assurance du navire. Elle doit aussi avoir une carte grise et une immatriculation, sans oublier un système de freinage homologué CEE. Le permis E est obligatoire si le poids de la remorque est supérieur à 750 kg et dépasse le poids à vide de la voiture ou si la somme PTAC de la voiture et de la remorque dépasse les 3 500 kg.

Ce lien vous renvoie à la page de Yannick Dacheville.

Le poids roulant réel PTR (remorque, bateau, voiture, accessoires et passagers) ne doit aucunement dépasser le poids total roulant autorisé (il est inscrit sur la carte grise de la voiture).

Le poids total en charge PTC (remorque, bateau et accessoires) doit être inférieur au poids remorquable (inscrit également sur la carte grise).

Le remorquage d’un bateau se fait donc en fonction du poids à transporter (le poids et la puissance du véhicule). Une autre alternative est l’utilisation de véhicules 4×4, de Cross over ou de SUV (Ford, Nissan, Land Rover, BMW, Audi, Mercedes, etc.) si leur PTC est élevé. Une berline suffit par contre pour tracter un petit bateau de type pneumatique ou semi-rigide.

Comment se fait le remorquage ?

Le transport d’un bateau d’un point A à un point B est d’autant plus difficile qu’il faut se préparer afin d’être paré à toute éventualité.

Il faut se munir d’un dériveur intégral, d’une remorque et d’un plan d’eau incliné pour des mises à l’eau ou pour des sorties d’eau express. Les bateaux de type quillard peuvent disposer d’un anneau pour une élingue et d’une grue.

La remorque doit être adaptée au bateau et être en bon état (faire un check chez le garagiste au moins une fois par an).

Pendant l’hiver, Yannick Dacheville recommande de poser le timon sur cale pour soulager la roue jockey qui est stockée avec la plaque feux à l’abri des vols.

La mise à l’eau sur la cale se fait de deux manières, avec ou sans grue. Lorsqu’elle se fait sans grue, le treuil de la remorque se charge de faire sortir de l’eau les dériveurs intégrés sur un plan incliné (une méthode bien simple qui garantit une bonne autonomie). Attention à ne jamais immerger la remorque ou les pneus et optez pour des marées hautes avec plus de pente, moins de vases et d’algues glissantes.

Lorsqu’elle se fait avec une grue, le voilier est équipé d’un anneau d’élingage, ce qui facilite la mise à l’eau sans avoir besoin de croisillons ou de sangles.

Le mâtage du transportable après la mise à l’eau est conseillé, car le mât couché simplifie cette action. Il est d’autant plus facile de descendre le mât à un mètre de la surface, plutôt que deux fois plus haut au-dessus du terre-plein, lorsque le bateau est placé sur la remorque.

Les mâts pivotants sont plus avantageux, car très facile à démâter. Le bateau est ainsi avancé pour poser de l’espar sur le pont.

Le mât repose un tasseau fixé au balcon avant lorsqu’il est couché avec un « X » dont les jambes sont coincées au fond du cockpit. Le mât à plat pont est ainsi immobilisé avec des points d’ancrage supplémentaires (pied de mât, balcon arrière), mais l’espar peut empêcher l’accès à l’intérieur du bateau s’il est placé très bas. Il faut donc démonter la girouette, ainsi que le feu de tête de mât.

Yannick Dacheville (cliquer ici pour voir ses réalisations) souligne également qu’il est important, voire indispensable de mesurer la hauteur de l’attelage avant tout départ éventuel. Les ponts routiers non signalés disposent d’une hauteur supérieure à 4,30 m. il faut faire un diagnostic des points les plus importants de l’itinéraire.

La flèche de la remorque doit aussi exercer une force verticale vers le bas sur la boule (25 à 40 kg pour un petit Micro et 40 à 80 kg pour un monotype ou un croiseur). Une vérification est de mise pour vérifier le poids de la flèche en plaçant un pèse personne sous la roue jockey et voir si le véhicule supporte la charge.

Le bateau doit être sanglé serré pour rester bien en place sur sa remorque. Les patins de protection sont utilisés pour limiter les vibrations à haute vitesse et éviter d’endommager la coque. L’étrave doit être maintenue avec un bout (montage avec palan). Pensez à enlever les sangles, afin de moins fatiguer la structure du bateau.

La vérification de la pression des pneus de la remorque est indispensable (mieux vaut se munir d’une roue de secours et d’un cric en cas de crevaison).

Les feux de route doivent être aussi raccordés (des ampoules de secours sont de mise) sans oublier de vérifier si tout fonctionne (clignotants, warnings, feux stops et feux de route).

Il est recommandé de privilégier les itinéraires les plus roulants (autoroutes, voies rapides, etc.) et d’éviter d’aborder les centres-villes. Priorisez les larges ronds-points et méfiez-vous des arbres inclinés.

Il est primordial de ne pas dépasser les 100 ou 110 km/h, surtout si le vent est fort.

La charge de la boule d’attelage est limitée par le constructeur, ainsi la surcharge de l’arrière de la voiture avec un coffre souvent plein peut diminuer considérablement le mouvement directeur des roues avant.

La mise en lacet est le problème numéro 1 lors d’un tractage de bateau et peut surgir en roulant trop vite dans un long virage, dans une descente ou lors d’un croisement, c’est pourquoi elle dépend essentiellement du rapport véhicule tracteur et véhicule tracté.

Définitions de certaines notions et conseils pour le remorquage

Une remorque est un véhicule ne pouvant pas se déplacer seul et qui nécessite un tractage (caravane, porte-bateau, etc.). Lorsque le bateau est attaché à l’automobile, ils forment un ensemble de véhicule soumis à une certaine réglementation. Voici des termes généralement utilisés, détaillés sur son site par Yannick Dacheville.

Le PV en remorquage est le Poids à Vide d’une remorque, c’est-à-dire son poids en ordre de marche sans chargement.

Le PTAC est le Poids Total Autorisé en Charge (fixé par l’administration), ce qui veut dire qu’il représente le poids limite que peut atteindre la remorque avec son chargement. Il est généralement inscrit sur la carte grise et sur la plaque « constructeur ».

La CU détermine la Charge Utile, qui est la charge maximum que peut transporter la remorque.

Le PR est le Poids Réel qu’affiche la bascule lors de la pesée de la remorque. Il varie en fonction du chargement, mais ne doit pas dépasser le PTAC.

Le PTRA signifie le Poids Total Roulant Autorisé, qui est la somme du PTAC de la voiture et de la remorque.

La plaque de tare et de surface se trouve sur le côté droit de la remorque et désigne le PV, le PTAC, la largeur hors-tout (I), la longueur hors tout, la flèche d’attelage (L) et la surface (S).

La plaque « constructeur » est généralement indiquée sur la flèche d’attelage et donne des détails sur le nom du constructeur, le poids total autorisé en charge, le type de remorque et le numéro d’ordre.

Yannick Dacheville souligne que les papiers de la remorque sont à fournir pour toute remorque au dessus de 500 kg de PTAC (carte grise et attestation d’assurance).

Les remorques avec un PTAC supérieur à 750 kg ou un PTAC dépassant la moitié du poids à vide du véhicule tracteur doivent être obligatoirement freinées, mais qui présentent un PTAC de moins de 500 kg ne requièrent aucun document.

La plaque d’immatriculation est fixée à l’arrière de la remorque et reproduit le numéro du véhicule tracteur si son PTAC vaut 500 kg, au dessus de ce poids elle doit avoir une plaque différente de celle du véhicule tracteur.

Le permis E/B est suffisant pour permettre à une voiture de tracter une remorque avec un PTAC inférieur ou égal à 750 kg, mais le permis B est valable pour les remorques avec un PTAC supérieur sous certaines conditions (le PTAC de la remorque doit être inférieur au poids à vide du véhicule tracteur et la somme des PTAC du véhicule tracteur et de la remorque ne doivent pas dépasser 3 500 kg).

Si l’une des conditions n’est pas respectée, le permis E/B est donc obligatoire, alors toute personne ayant obtenu le permis E ou B par équivalence ou suite à une visite médicale avant le 1er Mars 1999, ont le droit de tracter toute remorque avec un véhicule de la catégorie B.

La conduite avec remorque est soumise aux règles de la circulation, comme toute autre conduite (en respectant la longueur des 7 m).

Suivez les règlementations relatives aux assemblages (voiture/caravane) de plus de 7 m :

• Si vous suivez un autre ensemble voiture/caravane ou un poids lourd, vous devez garder une distance de sécurité de 50 mètres minimum, hors agglomération
• Si vous êtes sur les autoroutes et les voies rapides, vous ne pouvez utiliser que les deux voies les plus à droite
• Si des véhicules plus petits veulent passer, vous devez ralentir ou vous arrêter
• Si vous êtes sur des routes de montagne, le véhicule avec attelage est prioritaire, mais le véhicule montant l’est par contre entre 2 attelages

La limitation de vitesse est soumise aussi à des règles bien définies. Si le PTAC est supérieur à 3,5 tonnes, il doit rouler à une vitesse de 50 km/h en agglomération, à 80km/h sur les autres routes, à 90 km/h sur les autoroutes, les voies rapides et les routes à chassées séparées.

La largeur de la charge transportée ne doit pas excéder 2,55 m hors tout. Si elle est inférieure à 3 m, une autorisation permanente de “Convoi Exceptionnel” (obligation de panneau annonceur et de gyrophare jaune) doit être demandée à la Préfecture du département de résidence.

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